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A mon ex préférée

Même en imaginant ton aurore boréale

Incendiant ma couche un matin inespéré

Chevauchant dans mes rêves, ton âme sentimentale,

Hé dis-moi pourquoi je pleure seize ans après

Et ton corps et ta voix, et ton amour et son miel

Lissant l’écume des jours en nectars de ciel

(Lianes impudiques de nos fragiles serments)

Et sur ma vie, chérie, de toi je me languis…. 

Adèle n’aime pas les saucisses à l’estragon. Elle leur préfère le thym aux myrtilles de sa grand-mère ; ça ne se discute pas, même  en rêve . Dans celui là, avant qu’il ne vire au cauchemar, elle se représente son amante, la nuit, toute illuminée des flocons de la neige tombante….

Insidieusement, sous la porte de bois de la masure endormie, Sa Bassesse le Gel s’introduit, silencieusement, en Cathy mini, à peine s’il se soucie des résidus de bois encore chauds dans l‘âtre, déjà il occupe l’escalier, déjà il s’apprête à affronter les édredons des lits douillets….

Alors, aimée de je ne sais quel dieu, prévenue par quelqu’une qui s’ennuie au paradis des muses, Adèle se lève, s’encapuchonne et disparait par un couloir de chauffe….

Elle chausse le premier cheval venu et s’enfuit par le clair de lune sur un chemin incertain à l’orée des bois……

Au même instant, d’autres équidés s’essoufflent à tirer la roulote de Nathan au col des Avaries, espérant avec avidité la bascule qui se fait désirée. La noiraude, chienne bâtarde et de couleur, guide l’attelage dans la burle qui se lève…

Et tandis que la pente attendue s’offre, elle oblige le frêle esquif à abandonner la route pour une prairie mal éclairée. Enfin au bout des champs une bergerie dort, ses pierres biens ajustées, contre le vent fou…..

En bien peu de neige tombée qu’il n’en faut habituellement, la carriole est rangée contre l’unique porte du bâtiment , les chevaux mis a l’abri , pansés et le feu dans la cheminée répandu.

Une odeur de thym, d’estragon, de myrtilles mélangées emplit la maisonnée qui peu à peu se réchauffe….

Au fenestron, Adèle frappe désespérément…

C’est sûr, Gel n’y viendra pas…..

Désir ? laisse….

T’es branque ?

Pourquoi pas au fait ?

Dans l’œil de la majorité silencieuse s’est glissée la méfiance…

Des fois que le petit bout de gras laborieusement (ou pas !) économisé puisse être menacé…

C’est qui ce mec, cette nana, qui nous bousculent les habitudes, qui nous germent des pourquoi au fond de nos synapses alanguies…

Nous sommes si confortables dans la glauque attitude de l’esclave, trop contents de ronger les os abandonnés par le maitre, de dormir à l’abri de la pluie dans la niche surpeuplée de nos HLM, de goûter les hormones des poulets improbables de l’industrie agricole, de respirer à pleins poumons les particules de plomb de nos chers automobiles…

Et puis ils ont mélangé les cartes pour être bien sûr de nous dominer. Et grands cons, on croit à la couleur, à la différence, et on laisse mûrir les haines là où un seul coup de binette suffirait, on confie à un extra, (Dieu, mais est-il seulement au courant ?) le soin de nous différencier, laissant le prosélytisme exacerber nos non différences.

Ils ont même enrichi les récompenses pour les plus fidèles « à leurs pépère », « cashbeb » à trente ans de crédits et vacances en poulailler garanties !

On est toujours le bougnoule de quelqu’un ! Le pire, c’est qu’on finit par le croire, par le devenir…

 

Que reste-t-il de nos amours de jeunesse, des âmes révolutionnaires que nous trempions au lavoir des inégalités, un François à sa Merkel ?

Ouais, je mords l’idée, devenir assez branque pour ne plus jamais espérer, pour ne plus avoir à attendre……pour ne plus jamais avoir faim !

Ma promise

Cheveux : et personne ne m’en empêchera, acheter un pot de miel vert

Front, front, front :  les petites marionnettes !

Oreilles : Ô désespoir, pas Villon les lobes

Sourcils : en est même tout à fait sûr

yeux : vais le dire à ma mère et pis c’est tout !

Nez: dans une rose rosse et épineuse à Epinay sur songes

Bouche : toi de là, t’es en plein de dents

Menton: manteau, il neige.

Cou: pas sur la tête !

torse : le langage du corps (très point point point très)

Seins : Vœux des (landes) mains qui chantent

ventre : espère car affamé ou pas, n’a pas d’oreille, j’ai bien regardé

sexe : à poils durs !

fesses : Pour éviter les malotr-o-us

cuisses : que ça peut te faire

genoux : voit pas aller beaucoup plus loin

jambes : bave des ronds de chats pots

mollet: trop tôt c’est coq, trop tard c’est dur

pieds : Beau Tillion simple et soulier plat

 

NOTES

Pour obtenir du miel vert il faut peindre chaque abeille de la ruche en bleu et les dressées à ne butiner que les fleurs de pissenlit.

Epinay sur Songes est la capitale bien connue du somnambulisme.

Le chat pot est un castré qui mange trop.

BELLE DE MAI

Bouche ton nez, petite sœur, on traverse les derniers jours de la campagne et l’odeur fétide des discours de certain pourrait te faire vomir.

T’emmener jusqu’à l’écœurement!

A voir comment les principes sacrés d’hier sont si vite  jetés aux orties, pour quelques voix de plus, quelques voix probablement inaudibles, on se réjouit qu’aucune centrale n’ait encore bourgeonné sa radioactivité printanière . Comment qu’ils nous laisseraient, ignorants, manger notre dose létale de particules. Eh, c’est qu’on déconne pas avec le fleuron de l’industrie….

Ferme tes yeux, petite sœur, on sait pas ce qu’ils pourraient encore nous montrer pour garder ou gagner la place; fais comme s’ils n’existaient déjà plus, un juste retour des choses finalement, pour eux on ne compte pas non plus.

N’écoute pas, petite sœur, les mille menteries qui pleuvent chaque matin sur le pays, lundi déjà elles auront séché, se seront évaporées au pays des coquecigrues et billevesées… 

Demain, avec d’autres peut-être nous ferraillerons pour notre pain quotidien, et nous ne leur pardonnerons toujours rien….

Mais un pas après l’autre, c’est comme ça que j’ai appris à marcher.

Je ne suis pas particulièrement le batave, mais dimanche, je voterai François, ne serait-ce que pour renvoyer Saint Nicolas de la gueule de bois à ses faschisseries!

…..

Vent debout, toujours droite, aux injustes décochant
Immanquablement ses flèches d’œil noir et glaçant
Rêveuse, alanguie quelques fois, aux aguets, vigilante
Gourmande à l’envie, pour le bonheur de ses enfants,
Indienne de l’amour, fidèle ardéchoise
Ne t’avise pas, passante, d’approcher de son Florian
Il se pourrait que tu y perdes plus que ton scalp
Elle ne transige pas, au mieux elle te sourira
 

 

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Vieilleries du vendredi

« and you want to travel with her

and you want to travel blind

and you know that she will trust you

for you touched her perfect body with your mind»

 

Personnellement je préfère la version de Joan, mais au bout du compte je dois bien reconnaitre que je ne sais plus où j’ai bien pu mettre ces cœurs percés….

De toute façon je n’aime pas le sang à moins d’ y ajouter un quart de pomme et des olives noires de l’année passée….

Et encore, il m’arrive d’y préférer le Beaujolais, c’est dire !

Et Pourtant, je me languis du jour ou enfin, je pourrais me dire, chevalier d’une nouvelle table ronde :

« And here’s to the dawn of their days. ».

Vivre quelque amour simple pour n’en garder que le miel, même si le sucre est mon ennemi, pour n’en sentir que la vanille même si la gousse m’est lointaine pour à Dieu, quant il sera temps, dire plutôt merci que méchant….

Ouais enfin je sais bien que :

« La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains
J’ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
»

 

 

En fait, j’en sais rien, je ne sais pas et quand on ne sait pas, moi « Jodie FOSTER »

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